Méthodologie : d'où viennent ces 34 905 chiffres

Aucun montant de ce site n'est saisi à la main, estimé ou interpolé. Tout sort de deux fichiers publics de la DGFiP, relus par un programme, recoupés l'un contre l'autre : le taux global recalculé colle au taux officiel avec 0 écart sur 34 873 communes. Cette page dit exactement quoi vient d'où, ce qui est inclus dans nos montants, ce qui ne l'est pas, et les 757 cas où nous refusons d'afficher un chiffre.

Par Aurélien Piskorski, Factorize. Page relue le 28 septembre 2026. Données : millésime 2025 du fichier REI. Questions, vérifications, demandes d'extraction : contact@factorize.fr.

1. Les sources, nommées et datées

Le fichier REI de la DGFiP, millésime 2025

Le recensement des éléments d'imposition à la fiscalité directe locale est la source des bases minimum de CFE, tranche par tranche. C'est un ZIP de 18,5 Mo publié sur data.gouv.fr, qui contient un CSV de 112 Mo : 1 043 colonnes, 34 907 lignes, une par commune, séparateur point-virgule, encodage Latin-1. Notre pipeline en lit une centaine de colonnes et échoue au démarrage si l'une d'elles manque du millésime chargé, plutôt que de publier des champs silencieusement vides.

Le fichier n'a pas de colonne de code INSEE : il faut le reconstruire (département sur 2 caractères + commune sur 3 en métropole, 3 + 2 en outre-mer). Il n'a pas non plus de colonne « taux global » : la somme est à refaire, c'est l'objet du § 2.

« Fiscalité locale des professionnels », pour le contrôle et l'historique

Le second jeu, Fiscalité locale des professionnels, publie le taux global CFE déjà calculé par l'administration, sur cinq exercices (2021 à 2025, 174 668 enregistrements). Il sert à deux choses :

  • Le contrôle croisé. Notre taux recalculé depuis le REI est comparé, commune par commune, au taux publié : 0 écart sur 34 873 communes. Les 32 communes restantes sont absentes de l'extrait du millésime courant (communes nouvelles, fusions récentes) : leur taux est celui de la formule, et l'écart nul constaté sur toutes les autres est ce qui nous autorise à le publier.
  • L'historique des taux 2021-2025, affiché sur chaque fiche. 7 communes n'ont pas assez de points pour une série et n'en affichent aucune. Les trous laissés par les fusions de communes restent des trous : n.d., jamais une interpolation.

geo.api.gouv.fr, pour la géographie

Population et coordonnées viennent du référentiel géographique de l'État, qui sert aussi à calculer les communes voisines à vol d'oiseau. 32 communes n'y sont pas rattachables : elles gardent leurs données fiscales, sans coordonnées, donc sans comparatif de voisinage.

Les deux jeux fiscaux sont publiés sous Licence Ouverte 2.0 (Etalab). Aucune donnée payante, aucun scraping, aucune source secondaire : tout est retéléchargeable et recalculable par n'importe qui.

2. Le calcul, formule par formule

Le taux global

Le taux affiché est le taux global hors zone, somme de six composantes votées par des collectivités différentes :

taux global = taux communal + taux syndicat + taux intercommunal + TSE + TASA + TSC + GEMAPI

Contrôle sur Lille (INSEE 59350) : 0,00 % (commune, nulle en fiscalité professionnelle unique) + 33,61 % (Métropole Européenne de Lille) + 0,57 % (TSE) + 0,46 % (GEMAPI) = 34,63 %, soit le taux global publié par la DGFiP, au centième. En fiscalité professionnelle unique (30 443 communes, 1 254 intercommunalités au total), la commune vote 0 % et l'EPCI vote pour tout le monde : c'est pourquoi les comparatifs de voisinage du site sortent toujours de l'intercommunalité.

La base minimum

Sans local professionnel important, la CFE n'est pas assise sur la valeur d'un local mais sur une base minimum forfaitaire votée par la commune ou son EPCI, par tranche de chiffre d'affaires (art. 1647 D du CGI). La délibération choisit un montant dans une fourchette fixée par la loi :

Tranche de chiffre d'affaires (N-2) Base minimum autorisée (2025) Base votée à Lille
10 000 € ou moins 247 à 589 € 581 €
10 001 à 32 600 € 247 à 1 179 € 1 161 €
32 601 à 100 000 € 247 à 2 477 € 1 626 €
100 001 à 250 000 € 247 à 4 129 € 1 626 €
250 001 à 500 000 € 247 à 5 897 € 1 626 €
Plus de 500 000 € 247 à 7 669 € 1 626 €

Fourchettes légales de l'art. 1647 D du CGI, millésime 2025. Les bases réellement votées sont lues dans le REI, commune par commune.

La CFE de référence, celle qui permet de comparer

Tous les classements du site (fiches, hubs, baromètre, page des taux) reposent sur un seul profil : un indépendant sans local, à 30 000 € de chiffre d'affaires. Sa CFE vaut base minimum de la tranche 10 001 à 32 600 € × taux global. À Lille : 1 161 € × 34,63 % = 402 € par an. C'est le seul calcul rigoureusement comparable dans les 34 905 communes, et c'est le cas de la majorité des micro-entrepreneurs.

Les exonérations que nous appliquons

  • Chiffre d'affaires de 5 000 € ou moins : aucune cotisation minimum due (art. 1647 D I). Le simulateur affiche 0 €.
  • Année de création : aucune CFE (art. 1478 II), puis base réduite de moitié la première année d'imposition. C'est la case à cocher du simulateur.

Les exonérations sur délibération (zones FRR, quartiers prioritaires, entreprises nouvelles, librairies, jeunes avocats…) ne sont jamais appliquées à l'estimation : elles dépendent de votes locaux et de conditions individuelles, parfois de l'adresse exacte. Les fiches indiquent seulement combien d'établissements en bénéficient réellement sur place : un constat d'usage, pas une promesse d'éligibilité.

Ce que nos montants n'incluent pas

  • Les taxes consulaires additionnelles à la CFE : taxe pour frais de chambres de commerce (1,12 % en 2025) et taxe pour frais de chambres de métiers (droit additionnel 2,76 %). Elles figurent sur l'avis, elles ne sont pas dans nos estimations.
  • Les frais de gestion de la fiscalité directe locale prélevés par l'État (art. 1641 du CGI).
  • La valeur locative d'un local professionnel. Dès qu'un local important entre en jeu, la base minimum est remplacée par cette valeur locative, que la DGFiP ne publie pas par entreprise. Nos montants deviennent alors un plancher, pas une estimation.
  • Le taux applicable en zone d'activité économique, différent du taux hors zone dans 2 975 communes. Les fiches l'affichent quand il existe ; les classements retiennent le taux hors zone, celui d'une adresse ordinaire.

3. Les cas particuliers, et ce qu'on en fait

  • 757 communes sans base minimum publiée au REI 2025 (sur 34 905). Nous n'inventons rien : leur fiche affiche le taux, puis la fourchette obtenue en appliquant les bornes légales de la tranche (247 à 1 179 €) à leur taux. Elles sont exclues des palmarès en euros, jamais des liens internes ni de la page des taux.
  • 72 communes votent une base inférieure au plancher légal de 247 € pour la tranche de référence. C'est ce que dit le fichier : nous le publions tel quel, en le signalant, plutôt que de corriger une source officielle en silence.
  • Paris est un cas à part : rattachée à la Métropole du Grand Paris, la commune vote pourtant son propre taux (16,52 %), auquel s'ajoutent TSE, TASA et GEMAPI, soit 17,83 % au total. C'est aussi le seul département à une commune.
  • La Métropole de Lyon, collectivité à statut particulier, est traitée comme un EPCI en fiscalité professionnelle unique : 30,34 % votés par la métropole, 30,65 % de taux global à Lyon.
  • L'outre-mer est inclus, avec des taux et des bases réels : Guadeloupe (32), Martinique (34), Guyane (22), La Réunion (24), Mayotte (17), soit 129 communes. Saint-Barthélemy et Saint-Martin (977, 978) figurent dans le fichier avec des valeurs à zéro (fiscalité propre, pas de CFE) : ils sont exclus du site. Saint-Pierre-et-Miquelon, la Polynésie, la Nouvelle-Calédonie et Wallis-et-Futuna ne sont pas dans le champ de la CFE et n'apparaissent pas au fichier. D'où 34 905 communes couvertes, et 101 départements.
  • Les fusions de communes laissent des trous dans l'historique des taux. Une commune nouvelle n'a pas de taux avant sa création : la série affiche n.d. pour ces exercices. Aucune valeur n'est reconstituée par moyenne ou par report.

4. Secret statistique : pourquoi certains compteurs manquent

Les fiches affichent des volumes locaux : nombre d'établissements à la cotisation minimum, micro-entrepreneurs, exonérés sous 5 000 € de CA, avis émis, produit recouvré. Dans une commune de 80 habitants, ces compteurs descendent à 1, 2 ou 3 — et publier « 2 micro-entrepreneurs ici » revient à publier du quasi-nominatif. La DGFiP publie la valeur ; nous, non.

Seuil appliqué : 5. Tout compteur strictement inférieur à 5 est supprimé, après consolidation des parts communale et intercommunale. Un montant en euros n'est publié que si le compteur associé passe le seuil. Conséquence : une valeur absente ne vaut pas zéro, et les cases masquées d'une ventilation ne se somment plus à son total. Un total ne doit donc jamais être recalculé par différence.

Effet réel sur le millésime 2025, sur 34 905 communes : 31 931 conservent un bloc de statistiques d'établissements, 30 948 un produit fiscal, 2 279 au moins une exonération constatée. Les taux et les bases minimum, eux, ne sont pas concernés : ce sont des décisions publiques, pas des comptages.

5. Millésime des données, année affichée

La DGFiP ne consolide les taux votés pour un exercice N qu'au milieu de l'année N+2. Le dernier millésime disponible est donc 2025, et il n'existe pas de fichier 2026. Le site assume ce décalage au lieu de le masquer : il parle l'année du lecteur là où c'est la règle qui compte (votre avis, vos échéances, votre cotisation de 2026) et dit le millésime partout où l'on parle des chiffres.

Les montants de cette page sont calculés sur les derniers taux publiés par la DGFiP, millésime 2025 : les taux votés pour 2026 ne seront consolidés qu'en 2027. D'un exercice à l'autre, ça bouge peu — entre 2024 et 2025, le taux global a varié de moins d'un demi-point dans 90 % des communes. Votre avis d'imposition de novembre 2026 fait foi.

La preuve est dans les données elles-mêmes : entre 2024 et 2025, le taux global a varié de moins d'un demi-point dans 90 % des 34 898 communes comparables, pour une variation médiane de 0,06 point. Un taux de 2025 est une bonne approximation du taux de 2026 — ce n'est pas le taux de 2026.

Calendrier de mise à jour. Le REI 2025 a été publié au printemps 2026 ; le millésime suivant est attendu vers mai-juin 2027. À sa parution, le pipeline est relancé en entier : nouveau ZIP, nouveau contrôle croisé, nouvel historique, régénération des fiches. Entre deux millésimes, les jeux « délibérations hors taux » de la DGFiP signalent les changements de bases minimum votés, sans les chiffrer commune par commune.

6. Limites : ce que ce site ne peut pas savoir

  • Une estimation n'est pas un avis d'imposition. Le document qui fait foi est celui mis en ligne mi-novembre dans votre espace professionnel sur impots.gouv.fr. En cas d'écart, c'est lui qui a raison.
  • Nous ne connaissons ni votre local, ni votre activité, ni vos délibérations locales. Le calcul suppose un redevable à la cotisation minimum, sans local important, sans exonération sectorielle ni zonage.
  • Les zonages infra-communaux (quartiers prioritaires notamment) se jouent à l'adresse, pas à la commune. Le site ne les résout pas.
  • Le service des impôts des entreprises de rattachement n'est pas encore affiché commune par commune.
  • Aucune donnée personnelle n'entre dans le calcul : le simulateur tourne dans votre navigateur, le chiffre d'affaires saisi n'est ni transmis ni conservé.

Une erreur, un chiffre qui ne colle pas avec votre avis ? Écrivez-nous avec la commune et le montant : les corrections de pipeline sont publiques et rapides.

7. Réutiliser ces données

Ces chiffres sont retraités depuis des données publiques : ils sont réutilisables librement, avec mention et lien vers calculcfe.com. Citation suggérée : « selon calculcfe.com, d'après le fichier REI 2025 de la DGFiP ».

Pour les rédactions : le classement complet d'un département, une extraction sur mesure, un chiffre vérifié pour un angle précis, c'est une demande par mail et une réponse rapide. Les calculs sont reproductibles et nous les documentons ligne à ligne.

À télécharger et à citer :